Le soleil cogne dur et la réverbération des pierres fait danser des phosphènes rougeâtres devant ses yeux éblouis. L’air surchauffé tremble dans la fournaise de midi. Christophe ne pense plus, toutes ses facultés de raisonnement suspendues dans la lumière vibrante qui lui vrille les prunelles. Seule demeure une perception intense, animale, de lui-même et de ce qui l’entoure. Les profondeurs désertes du causse et celles, malfaisantes, de la terre ouverte. Le vacarme assourdissant de la chute, comme le déferlement sous son crâne d’une force brute.

La présence...

Il est au cœur d’une matrice brûlante aux dimensions du monde. Il sent tel un vertige l’immense solitude déployée autour du gouffre. Un instant, il lui semble s’élever au-dessus du puits, des arbres noueux et des rochers aveuglants. Au loin le causse n’est qu’un moutonnement infini. Et s’il abaisse son regard, Christophe s’aperçoit, lui, immobile au bord de l’abîme.

"Les Yeux de Circé", extrait. Copyright éditions Rivière Blanche (2020).

Copyright Claire et Robert Belmas

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