A la tombée du jour, ils se sont arrêtés près des chutes de la Noue : vingt mètres de dénivelé au flanc d'une falaise de dolomie dorée par le crépuscule. Une végétation fournie s'accroche à la moindre fissure du rocher, laissant pendre ses panaches le long de la rude pierre labourée par les vents. Carla s'abandonne à la quiétude et à la beauté du lieu. Au pied de la cascade, la force des eaux vives a creusé une vasque cristalline où la Noue disparaît pour s'enfoncer sous terre par de larges crevasses du roc. La jeune femme s'étend sur le sable pour se laisser submerger par le grondement de l'eau. Doucement, la fraîcheur du soir se dépose sur sa peau salée : un plaisir très sensuel qui la fait frissonner. Au-dessus d'elle, les falaises virent de l'orange au mauve. Loin, très loin, elle entend les éclats de voix des autres marcheurs qui installent leurs abris pneumatiques, les sifflements et les percussions des petits réservoirs sous pression qui gonflent les igloos et plantent les piquets.

 

Elle a dû s'assoupir un instant et rêver. Quand elle émerge, elle garde l'image vague d'un petit groupe rassemblé en silence autour d'elle. Les visages sont déjà flous dans sa mémoire. Elle se redresse. Le sable à proximité à été remué comme si l'on avait voulu faire disparaître des traces.

"Grande randonnée" (extrait). Copyright Rivière Blanche (2014).

Copyright Claire et Robert Belmas

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