Maligné offrait un spectacle désolant. Presque plus rien ne subsistait du village que j'avais connu dans mon adolescence. Le processus exponentiel de dégradation, familier aux observateurs, était à l'œuvre.
C'étaient, au début, quelques tuiles arrachées par le vent, des fissures dans une façade, une pierre descellée, des ornières sur la route; puis la ruine s'accélérait pour aboutir, en une dizaine d'années, à l'engloutissement dont j'étais le témoin : pans de murs égarés émergeant des broussailles, chemins d'accès bouchés par des ronciers impénétrables, et l'étau mortel de la végétation grimpante sur le clocher de la chapelle.

"Au Bois des Épivants" (extrait). Copyright éditions Rivière Blanche (2014) .

Copyright Claire et Robert Belmas

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